Patrimoine et traditions du village de st Leger les melezes

Autrefois le patrimoine, les fêtes traditionnelles et la cuisine d'antan

Au fil des ans, le village a forgé son cachet typique du Champsaur. Les anciens ont transmis leur savoir et leurs coutumes. Aujourd'hui, les habitants, dits les "San-Lagirons", se plaisent à faire connaître ce que les aïeux leur ont légué :
Les délices du terroir dont les très célèbres tourtons, les oreilles d'ânes, la tourte aux pommes de terre, la tarte aux myrtilles, le génépi... Le goût de la fête avec des animations organisées par les "San-Lagirons".

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Parmi elles, les fêtes traditionnelles, la cuisson des tourtes au four du village, les cérémonies du 15 août sur le plateau de Libouze, etc. La vie en harmonie avec la nature, une vie parfois rude. En témoigne le paysage que les écarts de température, chaud l'été, enneigé l'hiver, ont façonné siècle après siècle.
Par ailleurs, une extraordinaire collection animalière vous est exposée au sein du musée. Elle a été, en grande partie, constituée par Monsieur Bonnet, un "San-Lagiron" érudit naturaliste et biologiste du XXème siècle.

Le  château  de  St-Léger

Ce prieuré  créé par les moines de Cluny  a été fortifié  et placé sous la protection  des princes de Provence , à l' initiative de l' église : il semblerait que ce château ne comportait que le bâtiment central avec un étage de moins qu' aujourd'hui .
La façade qui longe la route et les 2 tours incorporées au corps de logis datent de cette époque : ces tours possédaient vraisemblablement une toiture en pointe  qui a été intégrée à la toiture du bâtiment lors de la surélévation de celui-ci au  19° siècle  .
chateau-st-legerDevenu la propriété du Seigneur de St-Léger , le château a été agrandi et transformé par  Salomon Du Serre  qui joua un rôle important en tant qu' évêque de Gap au début du 17° siècle .
 L' on reconnaît certaines analogies avec l' architecture militaire du Duc de Lesdiguières qui a probablement apporté son concours  à son cousin Charles Salomon du Serre , dont les armoiries  visibles au-dessus du portail portent la date 1612 . De cette famille Du Serre  , Antoine  , dit " capitaine Rivail " , père de Charles Salomon ,  fut un fidèle compagnon  d' armes d' Henri de Navarre ( futur Henri IV ) dans les armées protestantes .
porte_chateauParmi les nombreux aménagements dus à Charles Salomon , on peut noter l' enceinte de murailles percées de meurtrières avec ses   4 tours d' angles ( dont 2 sont encore intactes , et les 2 autres marquées par leurs  bases ) et dont chacune avait un rôle particulier :
- celle du Nord Ouest  servait de tour de garde ; à l' étage , un soufflet de forge , soit pour entretenir le feu , soit pour les guetteurs en faction , soit pour couler des munitions ; une échelle de perroquet permet d' accéder au toit où un pourtour de planches était le chemin de ronde du soldat chargé de veiller sur tous les points
d' arrivée au village .
chateau3- la tour du Sud Est  abrite un gigantesque pigeonnier qui occupe toute la hauteur de la tour : les centaines de nids qui abritaient les pigeons étaient accessibles par une échelle tournante montée sur un pivot  de bois ( toujours en place )
Au pied de cette tour , mais à l' extérieur de la muraille un four à pain pouvait être utilisé par les gens du village .
- les 2 dernières tours de la fortification sont en ruine .
Hors des remparts , dans la partie Nord se trouvait  un moulin ( en ruine ) ; sa roue à aube , entraînée par un torrent issu du canal d' arrosage   a disparu depuis plusieurs décennies , lors d' une période où le château était inhabité .

chateau2Outre les aménagements défensifs , d' autres travaux en firent une résidence agréable :
- le vaste jardin suspendu domine le village, avec son bassin central et son perron de pierres .
- la cour intérieure , avec son bassin à 4 jets  alimentés par une source du château.
Après l' évêque Charles Salomon du Serre  , qui s' était retiré à St-Léger vers la fin de sa vie , un autre évêque a laissé des traces à St-Léger : il s' agit de l' évêque Sixt ( Francis ) de Narbonne dont la famille possédait le château au début du XVII ° siècle  .
Puis , c' est la famille Lavalette , propriétaire après Monseigneur Sixt qui vendit le château aux actuels propriétaires : la famille Brochier , en 1801 .
CHATEAU

Antoine Brochier décida d' habiter St-Léger ; il entreprit des transformations au château pour faciliter l' hébergement de sa nombreuse famille ( 18 enfants ) :
- l' escalier extérieur fut remplacé par un magnifique escalier intérieur en chêne ,
- on surélevât le bâtiment  dont les 2 tours  à toiture en pointe ont été intégrées au bâtiment avec une toiture avec une seule pente .

Inscrit à l' inventaire des monuments historiques en 1996 , le château et ses abords sont désormais l' objet du dispositif de protection qui tend à assurer le respect de l' intégrité de ce témoignage de l' histoire locale .

Le clocher de St-Léger

Il y avait autrefois , un vieux clocher et une petite chapelle sur l' emplacement desquels  l' actuel clocher a été construit.
C'est Monsieur l' Abbé  Pierre BLANC  curé de St-Léger depuis Mars 1881 qui a fait commencer  en 1882 , et mener à bien    cette construction importante  ( vu le petit nombre de familles dans la paroisse ). Dans le registre de la paroisse , Monsieur l' Abbé Blanc nous dit les soucis et les difficultés qu' il a eu à surmonter :

eglisel' an 1882 , Madame Honorine Roussel dit à l' Abbé blanc : " notre triste et affreux clocher jure à coté de notre belle église ( terminée en 1870  ) et de notre belle cure  ,  il faut en faire un beau ; je vous assure une somme de 10000 francs , cherchez  le  reste  . "

La saison était avancée et il y avait de nombreuses formalités à remplir pour être autorisé à démolir le vieux clocher et à en bâtir un  nouveau .

Cependant , des ouvriers tailleurs de pierres , de passage à St-Léger ,  cherchaient du travail ; Madame Roussel dit à Monsieur le Curé : " faites-les travailler , avec mon mari , nous paierons " . Ils étaient cinq; ils se mirent au travail .   

Au Printemps 1884 , les formalités étant faites , les matériaux préparés et les ouvriers prêts à travailler , le vieux clocher fut démoli , et la première pierre du nouveau clocher fut posée et bénite solennellement en présence de toute la paroisse qui venait d' assister à la messe dite pour demander à Dieu que cette œuvre s' achève sans accident .

Les fondations ont été creusées à plusieurs  mètres de profondeur; puis , ayant trouvé le terrain solide , on a commencé par un béton de 5 m au carré , tenant toute la surface du terrain et de 1 ,90 m d' épaisseur. C' est alors que mourût Madame Roussel, et que Monsieur le Curé se découragea . L' œuvre fut malgré tout continuée .

La route qu ' on appelle Chemin Neuf  n' étant  pas encore faite , il a fallu transporter le sable du Drac à dos de mulets, par le chemin des Jacobs .

Chaque dimanche , monsieur le Curé annonçait la corvée de la semaine , et , le jour dit , tout le monde partait : les uns allaient tirer le sable du Drac  et le transportaient en tombereaux jusque sur la grand' route , les autres le  prenaient là, et l' acheminaient à St-Léger , à dos de mulets . Les  pierres  ont  toutes  étaient prises au-dessus  du village, amenées en hiver en les faisant glisser sur la neige .


Au Printemps , Monsieur le Curé fait reprendre le travail; il s' aperçoit alors qu' il lui faudra d' autres échafaudages pour arriver au sommet. Effrayé par la dépense , et mesurant le manque de proportions de la flèche avec la tour nord-Ouest du château, il prit un autre angle : voilà pourquoi  notre  clocher a une flèche légèrement brisée.
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Monsieur le curé eut l' idée de ménager deux tombes au pied du clocher : une avait été trouvée au fond de l' ancien clocher ( elle devait être celle d' un prêtre car on y avait trouvé un bénitier, une croix,   plusieurs médailles ( sur lesquelles  on pouvait lire 1487 en chiffres romains ), et un bonnet pointu en soie comme ceux que portaient les prêtres ( avant le bonnet carré ou barrette ).

Les deux tombes ont été consacrées, l' une à Madame Roussel, et l' autre à Mariane Brochier, les deux principales bienfaitrices

Ce clocher a nécessité trois années d' un travail opiniâtre : il n' a été achevé que l' été 1886; la croix taillée dans un bloc de pierre mesure 4 mètres de haut ; elle  fut bénite le 24 Juin 1886,  jour de fète de St-Jean Baptiste .


Le clocher mesure 36 mètres ;sa flèche très élancée est très singulière dans le Champsaur.

Interview FR3 de Robert Faure sur le Champsaur 

 

La  vie  autrefois

En 1870 , l' église  en  ruine  est  reconstruite  sur  le  même  emplacement  ( à noter l' admirable clocher  en pierres de taille  , unique en son genre dans le pays ). Vers la même époque est achevée la 1ère route carrossable qui relie St-Léger à Chabottes.
En 1921 , le quartier du  Serre , jusqu' au bas du village est ravagé par un incendie ; ce sinistre va causer le départ de plusieurs familles. C' est en 1936 , à l' initiative de M. Brochier ,  maire du village  ,   que   St-Léger  devient St-Léger-les-Mélèzes.
A cette époque , le village constituait tout un " petit monde " à part , très replié sur lui , avec son originalité , son cachet particulier.

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A 90 %  agricole , au rythme des saisons , les travaux des champs tenaient une grande place  : du Printemps à l' Automne ,  sans machine , les paysans abattaient des journées de labeur interminable.
Quelques artisans  : meunier , bourrelier ( pour fabriquer et réparer les harnais des chevaux ) cordonnier , charron , travaillaient pour cette population agricole. Les métiers ambulants étaient très appréciés : de passage 2 ou 3 fois par an ils étaient souvent  très  attendus :  le " mani " = rétameur , l' " émoulet " = aiguiseur , le ramoneur, le rempailleur de chaises , le porte-balle ( il transportait toute sortes de choses : aiguilles et  fils , chaussettes , bas , tissus  … )
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Il y avait peu de commerces  : une épicerie où l' on trouvait un peu de tout ( alimentation , quincaillerie , … ) et une auberge , centre très actif du village .
Tout ce monde voisinait , s' entraidait ; une vie très " collective " animait le village. Chacun à son tour cuisait son pain au four banal ( communal ) , sur la place du village où l' on se plaisait à discuter.
Durant les longues soirées d' hiver , les gens se réunissaient : les femmes tissaient la laine des moutons , les hommes " bluaient " ( effilaient ) le chanvre , ou tressaient   paniers et   paillasses  ……..
i3tq2qChaque événement concernait tout le village :  naissance ,   mariage ,   décès   . . . . .
Pas d' argent , peu de loisirs , les gens saisissaient toutes les occasions pour faire la fête :
- les fêtes religieuses , nombreuses , interminables , à grands sons de cloches , tout un cérémonial qui tenait un peu du folklore ( comme les processions , les reposoirs … )
- la " vogue " ou fête du village  était un grand jour , et l' on y venait de loin  : sur la place publique , on dansait des rigodons  autour du " maï " ( grand sapin  enrubanné )
Cette fête était aussi l' occasion de préparatifs pendant plusieurs jours : cuisson de pain , de tourtes de toutes sortes , de pognes …. Qui se  mangeaient ensuite arrosés de bons petits " mesurons " .
C' était aussi souvent ce jour-là qu' éclataient les " coucoires " ( bagarres ) entre bandes de jeunes des différents villages .
-  les Frézelles  ou feux de joie   allumés   en début de Carème  sur les hauteurs de chaque village de la vallée.
- le  Barri : durant la nuit de la St-Jean , les jeunes gens barraient l' accès  sur  la place village avec tout un matériel hétéroclite " chipé " dans les granges  , les cours des fermes , à la " barbe " des propriétaires  ; on trouvait ainsi entassés    : des charrettes ,  - brouettes ,    échelles  . . . .  le lendemain chacun devait récupérer ses ustensiles  .
05---montreurdours- les bounous ( carnaval )  : les jeunes , grimés , accordéon en tête , faisaient le tour des maisons  ; on rentrait , on trinquait  ; les gens se connaissant tous , il fallait deviner qui se cachait sous chaque masque ,  alors ,  les jeunes emportaient  des œufs , des saucisses  …. Qui leur permettait ensuite de faire un bon " souper " .
- la Rabe : sitôt après la publication des bans d' un mariage , les jeunes gens se rendaient devant la demeure de la jeune fille  à qui ils faisaient honneur en tirant quelques coups de feu en l' air  ; la famille les invitait à renter , offrait à boire , et donnait une petite somme d' argent  , fort appréciée par les jeunes gens .
- les Jailles  ( fête du cochon ) : en début d' hiver , on tuait le cochon ( plusieurs si la famille était très nombreuse )  ; c' était une grande occasion , car on se régalait de viande fraîche ( le reste de l' année , on mangeait "salé "); les voisins et parents étaient invités pour aider , et pour manger ; ils emportaient tous un peu de viande .
       ( les gens étaient pauvres mais généreux )
- d' autres traditions encore  ( charivari , chamarot , les conscrits …) et des occasions qui permettaient de sortir un peu de son propre village  : les foires et marchés, les femmes allaient vendre les œufs , le beurre , le fromage  , pour " faire  4 sous ". Les hommes se rencontraient , palabraient toute la journée , et il y avait souvent des retours fort tardifs , et très gais ( d' où l' expression " faire la foire ")

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D' autres fêtes aussi , lors de visites dans la famille où les gens étaient accueillis à bras ouverts et où l'  on trouvait toujours quelque chose pour les garder à manger .
A ce résumé très incomplet on pourrait ajouter tous  les  faits qui traduisaient  la vitalité de l' ancien village  , son bouillonnement  d' activités , la convivialité ,  la solidarité  et la générosité qui animaient  les gens .

Il faut remercier le progrès pour l' aisance , le confort et la facilité qu' il a procuré , mais on peut regretter l' ambiance , la joie , la chaleur  humaine du temps jadis .

Autrefois , St-Léger était un village  de montagne typique , avec ses maisons agglomérées   autour   de  l' église et du château ; sa population essentiellement agricole travaillait une terre fertile , légère , à base de grés calcaire se prêtant bien aux façons culturales  .
Malgré les efforts de modernisation , l' agriculture avec ses superficies et ses revenus faibles , ne suffisait plus à fixer la population ; la municipalité avait su aller de l' avant en procédant au remembrement des terres , en installant un réseau d' irrigation par aspersion … mais cela ne créa pas d' emploi , et l' exode rural sévissait durement chez les jeunes  ; il fallait innover .

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Quelques mots de patois.... à la reviste 

Vous avez pu voir ces quelques mots de patois local sur les panneaux , à la sortie du village ;  ils signifient " au revoir " , mais avec une petite nuance sympathique ,   que l' on pourrait traduire par " au plaisir de vous revoir ".
D'autres noms sont encore utilisés :
- les San Lagirons  sont les habitants de St-Léger , c' est également le   nom d' un bâtiment du village.
- Les cardarines sont les chardonnerets .
- Les androunes sont des passages assez  étroits  entre  les maisons ( si vous  avez  l' occasion de participer à la visite du village  avec Janine, vous passerez par ces androunes  ) .
- Le Cuchon est le nom du premier sommet au-dessus du village ; cela signifie monticule , tas ;  vous    trouverez d' autres  Cuchon  dans la vallée  , ce sont des montagnes  au relief plutôt arrondi .
- Les miaouzes sont les mélèzes

- Le fayard est le nom patois du hêtre ,mot  utilisé couramment dans la vallée .
m2- La piboure est le peuplier
- Le biaou  est  le ruisseau
- Les oules sont des marmites - les oules du diable dans le Valgaudemar
- L' escoube est un balai - il  a  donné  son  nom  à  un petit  journal humoristique
du département .
- Maï  signifie : encore  - c'est un mot souvent utilisé  dans le langage courant
- Les boyes ou génisses sont appelées " boëilles " localement - vous en entendrez
parler par les gens du village qui montent leurs boëilles dans les alpages  ; alpages 
où  vous pourrez partir avec eux chaque mardi matin  en Juillet et Aout .
- Le moure est le visage
-    Le puërc  est le porc : il a donné son nom    au " Moure   du puërc ",  le rocher
qui se trouve au pied d' Autane , et qui ressemble à une tête de cochon
- Les truffes sont les pommes de terre 
- La truffière est le champ où sont plantées les pommes de terre
- La choulière est le champ où sont plantés les choux
- La coste est une côte ou terrain en pente ( costebelle  , coste Garianne )
- La Coustille est une petite côte

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Office du tourisme

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